
PRP
(Plasma Riche en Plaquettes)
Qu’est-ce que le PRP ?
-
PRP = Plasma Riche en Plaquettes :
-
On prélève un peu de votre sang lors de la consultation, on le centrifuge, on récupère la fraction riche en plaquettes, puis on la réinjecte là où vous avez mal (tendon, ligament, articulation…).
-
100 % autologue (votre propre sang) → aucun risque d’allergie.
-
Acte ambulatoire, guidé par échographie, dure ≈ 40 min.
-
Objectif : diminution de la douleur, améliorer la fonction.
Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes) est une procédure médicale autologue utilisée en médecine du sport pour certaines pathologies musculo-squelettiques (tendinopathies chroniques, arthrose légère à modérée, lésions musculaires).
L’indication est posée par un médecin, après diagnostic clinique et, si nécessaire, imagerie.
Le PRP n’est ni un traitement miracle, ni universel. Son efficacité dépend de l’indication, du protocole, de la qualité du produit injecté et de l’intégration dans une prise en charge globale (rééducation, charge mécanique, hygiène de vie).
Cette page présente les indications validées, les limites scientifiques, les bénéfices attendus et les risques, conformément aux données actuelles de la littérature.
À qui s’adresse le PRP ?
Chez les patients non soulagés par la kinésithérapie et une activité adaptée.
-
Arthrose du genou (stade I–II-III) et lésion méniscale
-
Arthrose de hanche (stade I-II-III)
-
Tendinopathies chroniques résistantes
-
Épicondylite latérale (tennis elbow)
-
Aponévrosite plantaire
-
Tendinopathie rotulienne, quadricipitale
-
Tendinopathie d'Achille
-
Lésions coiffe des rotateurs de l'épaule (fissure ou dégénérescence)
-
Turf Toe
-
Lésions musculaires importantes comme un claquage, un déchirure, un tennis leg
La PRP raconte une histoire simple, presque élégante : celle du corps qui se soigne avec ses propres ressources.
Tout commence par le sang. Un tissu vivant, dynamique, bien plus qu’un simple liquide de transport.
Dans ce sang circulent les plaquettes, longtemps cantonnées à un rôle hémostatique. Pendant des décennies, on les a vues comme des « pansements biologiques ». On sait aujourd’hui qu’elles sont bien davantage : de véritables chefs d’orchestre de la réparation tissulaire.
Lorsque l’on prépare une PRP, on ne crée rien d’artificiel. On concentre. On sélectionne. On amplifie un mécanisme déjà inscrit dans la biologie humaine. Par un procédé de centrifugation, on isole une fraction du plasma particulièrement riche en plaquettes.
Ces cellules contiennent, dans leurs granules, un ensemble complexe de médiateurs biologiques.
Ce cocktail n’est pas standardisé, et c’est précisément ce qui fait à la fois la richesse et la complexité de la PRP : elle reflète le terrain biologique du patient.
Une fois injectées dans un tissu lésé ou dégénératif, les plaquettes s’activent. Elles libèrent progressivement leurs signaux. Ces signaux ne « réparent » pas directement un tendon, un cartilage ou un ligament. Ils ne reconstruisent pas mécaniquement la matière.
Leur rôle est plus subtil, plus fondamental : ils modulent l’environnement local. Ils attirent des cellules impliquées dans la cicatrisation. Ils favorisent l’angiogenèse.
Ils influencent l’inflammation, parfois en l’amplifiant brièvement, parfois en la régulant. Ils rappellent au tissu qu’il doit entrer dans une phase de réparation organisée.
C’est là que la PRP se distingue des traitements purement symptomatiques. Elle ne cherche pas à masquer la douleur. Elle ne se contente pas d’inhiber une voie inflammatoire. Elle agit comme un signal biologique, un message envoyé au tissu : « le contexte a changé, adapte-toi ». Cette différence explique pourquoi ses effets sont rarement immédiats. La PRP n’est pas un antalgique.
C’est une thérapie du temps long, dont les bénéfices se construisent sur des semaines, parfois des mois.
Mais cette histoire n’est pas un conte naïf. La PRP n’est ni magique, ni universelle. Elle fonctionne dans certains contextes et échoue dans d’autres.
Les données scientifiques montrent clairement que son efficacité dépend de l’indication, du tissu ciblé, de la qualité du produit injecté et du protocole global de prise en charge. Une PRP injectée sans diagnostic précis, sans guidage, sans stratégie de rééducation, a peu de chances de tenir ses promesses.
Dans les pathologies dégénératives comme l’arthrose du genou, la PRP semble offrir, chez certains patients, une amélioration durable de la douleur et de la fonction. Dans d’autres indications, comme certaines tendinopathies chroniques, les résultats sont parfois décevants surtout si la remise en charge progressive n'est pas appliquée.
Cette hétérogénéité n’est pas un échec scientifique : elle reflète la complexité du vivant. La PRP ne doit pas être pensée comme un traitement standard, mais comme un outil parmi d’autres, à intégrer intelligemment dans une stratégie globale.
Il est essentiel de comprendre que la PRP ne travaille jamais seule. Elle dialogue avec le mouvement, avec la charge mécanique, avec le sommeil, avec l’état métabolique et inflammatoire du patient.
Une injection sans rééducation est une occasion manquée.
Un terrain biologique délabré limite sa portée.
À l’inverse, lorsque le contexte est optimisé, la PRP devient un catalyseur : elle accélère un processus que le corps était déjà capable d’initier, mais de façon insuffisante ou désorganisée.
La véritable force de la PRP réside peut-être là : elle oblige à une médecine plus fine. Elle impose de poser un diagnostic précis, de comprendre le tissu, de respecter le temps biologique et d’accepter que tout ne soit pas contrôlable.
Elle rappelle que la réparation n’est pas une commande instantanée, mais une dynamique.
En définitive, la PRP n’est ni une révolution miraculeuse, ni un effet de mode vide.
C’est une technologie biologique cohérente, ancrée dans la physiologie humaine, dont l’efficacité dépend de l’intelligence avec laquelle elle est utilisée. Bien indiquée, bien préparée et bien intégrée, elle ne force pas le corps à guérir : elle lui redonne simplement les conditions pour le faire.
Comment ça agit ?
-
Les plaquettes libèrent des facteurs de croissance (p. ex. PDGF, TGF-β, VEGF) qui
-
calment l’inflammation excessive,
-
relancent les processus de réparation et de remodelage des tissus,
-
améliorent la trophicité locale (cartilage, tendon, fascia).
-
-
Effet attendu : Il survient progressivement, à partir 6 semaines.
-
Le pic d'efficacité est souvent à 2–3 mois, le bénéfice pouvant durer 12 mois ou plus selon les cas.
Sécurité & précautions
-
Effets secondaires habituels : douleur inflammatoire transitoire 24–72 h après l'injection, raideur, hématome.
-
PRP : globalement bien toléré.
-
ll n'y a aucun risque de transmission de maladies telles que le SIDA ou l’hépatite B ou C puisque les plaquettes injectées proviennent effectivement de votre sang.
Déroulé d’une prise en charge PRP
-
Bilan clinique et indication posés lors d'une consultation préalable.
-
Prélèvement sanguin, centrifugation du sang, extraction du plasma, injection échoguidée.
-
L’injection de PRP (± 6 ml) sera réalisée, sans anesthésie locale (car celle-ci diminue l’efficacité du PRP), de manière stérile au niveau du tendon pathologique ou de l'articulation.
-
Possibilité d'appliquer une crème anesthésiante possible (EMLA) 30 min avant sur la peau pour diminuer la douleur.
-
Programme de reprise d’activité/kiné quantifié (voir protocole patient ci-dessous).
-
Nombre de séances : 1 à 3 selon indication/réponse; réévaluation systématique à 3-6 semaines.
Ce que dit la science (méta-analyses clés)
-
Arthrose du genou – réseau de méta-analyse (NMA) 2023
-
35 ECR, 3 104 participants.
-
PRP > HA et corticoïde pour douleur/fonction à 3–12 mois.
-
Auteurs (première affiliation) : Shanxi Medical University, Chine.
-
Réf. : Qiao et al., 2023, Frontiers in Pharmacology. PubMed
-
Arthrose du genou – méta-analyse 2024
-
42 ECR, 3 696 patients.
-
PRP > HA et > corticoïde pour douleur (effet maximal ~6 mois), bénéfice maintenu jusqu’à 12 mois.
-
Affiliations principales : Dow University of Health Sciences (Pakistan) + partenaires (Pakistan/Népal).
-
Réf. : Khalid et al., 2024, Annals of Medicine & Surgery. Lippincott+1
-
Aponévrosite plantaire – méta-analyse 2024
-
24 ECR, 1 653 participants.
-
PRP supérieur au corticoïde à 6–12 mois; effets courts termes comparables.
-
Réf. : Zuo et al., 2024, American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation.
-
Tennis elbow – méta-analyses
-
10 ECR (NMA 2016) : PRP améliore douleur/fonction vs corticoïde; AB > CS mais avec plus d’EI; hétérogénéité élevée. Auteurs basés en Thaïlande.
-
Réf. : Arirachakaran et al., 2016, Journal of Orthopaedics and Traumatology. SpringerOpen
-
Synthèses 2021–2024 : tendance en faveur du PRP à moyen/long terme vs CS; qualité des études variable. Lippincott
-
Cohorte rétrospective, Rome (Italie), 2018
N=61 strains du gastrocnémien distal : 3 injections PRP + même rééducation vs contrôle.
Résultats : marche sans douleur 24 vs 52 j ; retour au sport 53 vs 119 j (p<0,001) donc guérison 50% plus rapide -
Hamid 2014 (Malaisie, ischios, grade 2) : N=28 ; RTP 26,7 vs 42,5 j, en faveur PRP (petit effectif).
Protocole PRP pour le patient
Avant l’infiltration
-
6 semaines avant et après
-
Pas d’infiltration de glucocorticoïde
-
-
2 semaines avant et jusqu’à 1 semaine après.
-
Pas d’AINS ni de médrol (ibuprofène, naproxène, diclofénac, médrol, …)
-
Paracétamol autorisé.
-
-
48 h avant
-
Régime très pauvre en graisses (éviter viande rouge, fromages, crème, beurre, oeufs) pour limiter la lipémie du prélèvement qui dégrade la qualité du plasma.
-
Manger si possible VEGAN : pas de crème, pas d'oeufs, pas de fromage.
-
Bien s’hydrater : ≥ 1,5 L/j les 48 h précédentes. (Améliore le prélèvement, logique de don de plasma).
-
-
24 h avant
-
Pas d'alcool.
-
Manger léger la veille au soir.
-
-
Le jour J
-
Pas de café ni boisson caféinée
-
Boire beaucoup d'eau.
-
Si possible ne pas manger ou manger très léger.
-
Prévoir un encas pour après l'infiltration.
-
20–30 min de cardio modérée à soutenue avant la séance PRP (dans l'heure avant)
-
Crème anesthésiante possible (EMLA) 30 min avant sur la peau (sous prescription médicale).
-
Après l’infiltration
-
Aucun anti-inflammatoire durant 1 semaine. Paracétamol si besoin.
-
Reprise kiné & activités dès que la douleur post-injection le permet (≈ J2–J3).
-
Quantification du stress mécanique (règle simple) :
-
Pas de douleur pendant l’effort.
-
Gêne ≤ 3/10 tolérée si non progressive pendant l’effort.
-
La gêne doit disparaître < 1 h après l’arrêt.
-
Pas d’augmentation de douleur/raideur/œdème le lendemain.
-
-
Avoir une bonne hygiène de vie pour optimiser la régénération : sommeil 7–9 h, alimentation de type méditerranéenne, limiter alcool, gestion du stress, ne pas fumer.
Foire aux questions (FAQ)
-
Combien faut-il d’injections ?
-
Souvent 2–3 en arthrose du genou (intervalle 2–4 semaines).
-
Certaines tendinopathies : 1–2 selon réponse.
-
-
Quand ressent-on l’effet ?
-
Progressif en 2–12 semaines ; pic souvent vers 3–6 mois en arthrose.
-
-
Le PRP remplace-t-il la kiné ?
-
Non. Il s’inscrit dans un programme : éducation de charge, renforcement, mobilité, hygiène de vie
-
-
Le PRP est-il remboursé ?
-
Il n'est pas remboursé par l'INAMI mais par certaines assurance.
-
Si vous vous êtes blessé lors d'une compétition sportive ou au sein d'un club, l'assurance du club devrait le prendre en charge.
-
-
Combien coute une infiltration ?
-
L'infiltration, le matériel et la consultation coutent en tout 184 euros non remboursé.
Et 300 euros pour 2 infiltrations en simultanées.
-
AVIS de l'ESSKA
ESSKA = European Society of Sports Traumatology, Knee Surgery and Arthroscopy, la société européenne de référence qui réunit chirurgiens ortho, médecins du sport et chercheurs pour établir des bonnes pratiques et des consensus en arthroscopie, genou et médecine du sport.
-
Appropriée pour des patients ≤ 80 ans avec arthrose KL 0–III, après échec du traitement conservateur (ex. éducation, renforcement, AINS) et/ou des injections classiques (AH/corticoïdes). Pas appropriée comme tout premier traitement d’emblée, ni en KL IV. (Consensus ESSKA-ICRS 2024, méthode RAND/UCLA). PubMed+2esskajournals.onlinelibrary.wiley.com+2
-
L’ORBIT consensus d’ESSKA (2024) considère la PRP comme option valide et possible 1re ligne d’injection (une fois la phase conservatrice non-injectable essayée), surtout KL I–III. PubMed
-
Nombre d’injections : la littérature n’est pas définitive, mais >1 injection (p. ex. 2–3) tend à donner de meilleurs résultats qu’une injection unique, surtout aux stades précoces. (Recommandation grade C—consensus ORBIT). Ymaws
Autres références
-
ESSKA/ICRS – Consensus RAND/UCLA sur PRP dans l’arthrose du genou (2024). PubMed
-
ORBIT–ESSKA – Consensus injectables orthobiologiques genou (2024) + recommandation d’éviter les AINS 2 semaines avant. oarsijournal.com+1
-
NMA PRP genou – Qiao 2023, 35 ECR, 3 104 patients, Shanxi Medical University (Chine). PubMed
-
Méta-analyse PRP vs HA/CS genou – Khalid 2024, 42 ECR, 3 696 patients, Dow University of Health Sciences (Pakistan) + partenaires. Lippincott
-
Plantaire – Zuo 2024, 24 ECR, 1 653 participants.
